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Parole aux pros / Interview de Jean-Paul Reynoird, Pépinières et roseraies GEORGES DELBARD

Interview de Jean-Paul Reynoird, Pépinières et roseraies GEORGES DELBARD  

Christian Pessey
Christian Pessey

Jean-Paul Reynoird
Directeur de recherche des Pépinières et Roseraies Georges Delbard



Quelles sont les origines de la maison Delbard ?

Jean-Paul Reynoird

Les Pépinières et Roseraies Georges Delbard ont été créées par Georges Delbard en 1935, avec dès le départ, l’ambition d’une innovation forte. La création de variétés fruitières puis de rosiers dès les années 1950 en est une illustration. Cette volonté s’est aussi traduite par le développement d’un outil de production très en avance à l’époque : le laboratoire de micropropagation in vitro a été le premier en Europe.


Pourquoi le site de Malicorne, dans l’Allier, s’est-il avéré idéal pour vos recherches ? Qu’avait-il de particulier ?

Jean-Paul Reynoird

Le climat plutôt rude de l’Allier et les sols pauvres sont un bon outil de sélection. Ils sont également un moyen de produire des arbres avec de bons systèmes racinaires et qui n’ont pas poussé trop vite.


Quelle est aujourd’hui la place du Centre de recherche Yves Mazières ? Comment fonctionne-t-il ? Qui est Yves Mazières ?

Jean-Paul Reynoird

Le centre de recherche a été baptisé en 2001 du nom d’Yves Mazières qui m’a précédé dans mes fonctions et est précocement décédé lors d’un voyage de recherche.
Les activités d’hybridation et de sélection des rosiers et des dahlias ont été regroupées depuis, autour du laboratoire afin de pouvoir nous appuyer sur lui pour surmonter les obstacles techniques. Un hybrideur rosiers et dahlias et un hybrideur fruitier gèrent chacun avec une équipe réduite un programme de création.


Quel est le processus de création d’un nouveau rosier ? Combien faut-il de temps pour obtenir une variété parfaitement fixée ?

Jean-Paul Reynoird

Le processus de création commence avec la construction du programme d’hybridation qui, pour chacun des objectifs fixés (par exemple rosier grimpant rouge parfumé), est élaboré en imaginant chaque combinaison entre une variété « mère » et une variété « père » ayant des chances de donner des descendants correspondants à ces objectifs.
On arrive ainsi à partir des presque 500 variétés Delbard, ou issues de la concurrence, utilisées à plus d’un millier de combinaisons chaque année.
En moyenne 25 000 fleurs sont pollinisées manuellement au printemps et ce n’est qu’en octobre que l’on récolte les fruits dont on extrait entre 100 et 150 000 graines. Ces graines sont semées en décembre et dès le mois de mai de l’année suivante, la première floraison permet de réaliser une première sélection.
Pour les rosiers destinés au jardin, 6 à 8 ans de sélection ont ensuite lieu aux champs ou plusieurs caractères permettent d’éliminer progressivement les hybrides pour n’en garder finalement que 3 à 5 qui seront lancés commercialement chaque année.


Quels sont vos critères de sélection quand vous décidez de lancer le processus de création d’un nouveau rosier ?

Jean-Paul Reynoird

Ces critères sont la qualité et l’originalité de la fleur, son parfum, la résistance aux maladies (principalement oïdium et tache noire), l’intensité de floraison, la remontée et la qualité de la défloraison.


Beaucoup de vos rosiers ont une odeur très typée, comme celle d’un grand parfum. Parvenez-vous, et si oui, comment parvenez-vous à obtenir un parfum de rose déterminé ?

Jean-Paul Reynoird

La complexité de la génétique du parfum (à ce jour l’implication de plusieurs centaines de gênes a été reconnue) rend aujourd’hui inenvisageable une création dirigée vers un parfum donné.
Nous savons qu’un grand nombre de notes olfactives existent chez le rosier, allant de l’épicé aux agrumes en passant par le muguet. Certaines sont brèves d’autres lentes à se développer, créant ainsi une infinité de combinaisons. Nous savons qu’en croisant certains rosiers, nous auront de grandes chances de trouver des nouvelles notes olfactives.


Comment décide-t-on du nom d’un nouveau rosier ? Faut-il candidater ?

Jean-Paul Reynoird

Tout est possible : soit l’équipe de tous ceux qui participent aux phases finales de la sélection trouvent une idée consensuelle à laquelle nous nous tenons, soit nous avons des propositions émanant de personnes, d’associations, voulant participer à un baptême et venant nous proposer un nom qui nous semble porteur.
Oui on peut donc candidater mais ceci n’est pas une assurance que nous serons en mesure de répondre positivement.


Comment parvenez-vous à protéger la propriété intellectuelle d’un nouveau rosier ? Que se passe-t-il si moi, particulier, je fais une bouture ou une greffe d’un de vos rosiers ? Suis-je répréhensible ?

Jean-Paul Reynoird

Nous protégeons les rosiers par un COV (Certificat d’obtention végétale) et par une marque. Toute propagation sans notre accord est illégale.


Le rosier est-il la seule plante qui fasse l’objet de recherches et de créations chez Les Pépinières Delbard ?

Jean-Paul Reynoird

Non. Nous créons depuis 60 ans des arbres fruitiers (pommiers, poiriers et cerisiers) pour les amateurs. À ce titre nous recherchons des variétés bonnes gustativement, respectueuses de l’environnement et d’un entretien facile. Delbard crée aussi des dahlias de jardin et depuis peu des dahlias de potée.

© DIY PROD / photothèque Christian PESSEY sauf mention spécifique
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Auteur : Jean-Paul Reynoird,


  

  

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