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L'avis de Patrick Mioulane / Coups de gueule / POUR UNE PRIME AU VERT

POUR UNE PRIME AU VERT  


POUR UNE PRIME AU VERT

Il faudrait logiquement que le produit de cette taxe soit reversé en faveur du développement de toutes les technologies, méthodes et solutions qui apportent une contribution positive à la protection de l’environnement et luttent contre les émissions de gaz à effet de serre. Or, comme chacun le sait, dans l’usine à gaz (sans jeu de mot) pondue par nos politiques, ce n’est pas du tout ainsi que cela va fonctionner. Avant de vous parler de l’impact positif du jardin en la matière, il nous semble essentiel de mettre le doigt sur le côté purement symbolique, pour ne pas dire dérisoire, de cette fameuse taxe carbone. Nos chers élus et une grande majorité de leaders d’opinion, soutenus par une incroyable ingénuité médiatique, ont tendance à prendre notre Hexagone pour le nombril du monde. Chacun disserte, harangue, palabre et légifère comme si la réduction des émissions polluantes de notre douce France allait sauver la planète !

Tous ces discours, déclarations et autres effets d’annonce sont établis comme si, puiser dans le porte-monnaie des 65 millions de Français, allait modifier l’impact des quelque 6 810 112 021 d’humains que le globe hébergeait au mardi 22 septembre 2009. C’est oublier que la France, grâce à son énergie nucléaire, est un des pays les moins émetteurs de gaz à effet de serre. Chaque Français produit deux fois moins de C02 que la moyenne planétaire, plus de trois fois moins qu’un Américain ! Notre pays contribue seulement à 1,4 % des rejets mondiaux et nous nous autoflagellons, tout en fermant les yeux sur la nouvelle centrale thermique à charbon qui est mise en service chaque semaine dans le monde, faisant fi des considérations écologiques les plus élémentaires.

En dépit de son côté dérisoire, il faudra bien s’acquitter de la taxe carbone. Alors, pourquoi ne pas faire en sorte qu’elle aille (en partie) favoriser le développement des seuls véritables modérateurs du changement climatique qui font l’unanimité. Nous parlons bien sûr des végétaux. Par leur photosynthèse, les plantes chlorophylliennes fixent le CO2 dans leurs organes. Un hectare de forêt ou de pelouse bien entretenue séquestre annuellement entre 6 et 12 t  de CO2 par an. À raison de 17 € la tonne de C02, prix fixé par le président Sarkozy, cela représente entre 102 et 204  €.Toute plante pérenne doit donc être considérée comme un “puits de carbone ”. Planter pour la planète, voilà un véritable pacte écologique. Alors pourquoi pas une “prime carbone ” pour les jardiniers ?

Je me suis amusé à faire un calcul rapide “à la fourchette ”. Sachant que la France compte 14,5 millions de jardins privés, d’une superficie moyenne de 600 m2 environ, 870 000 ha de l’hexagone sont donc couverts de jardins. En se basant uniquement sur la fourchette basse de 6 t de C02 séquestrés annuellement à l’hectare, nous jardins se retrouvent avec “carbone positif ” de 5,22 MT. À raison de 17 € la tonne de CO2, le fisc devrait reverser aux jardiniers 887, 4 M €. Si cet argent était mis dans un “pot commun ” destiné à la protection de la nature, beaucoup d’actions positives pourraient être entreprises. Non  ?

COUPS DE COEUR
Le retour du potager

L'exode rural qu'a connu notre pays sans discontinuité de la fin du XIXe siècle aux années 1975 avait fait passer les Français de la ruralité à l'urbanité, avec pour conséquence une perte des repères ruraux et avec la disparition du potager au profit du jardin d'agrément, du jardin "plaisir". Si le jardin "vivrier" n'est plus d'actualité, on n'en assiste pas moins au grand retour du potager, un potager où l'on retrouve le plaisir de picorer des produits frais et sains entre amis. 

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